L’ennui régnait au dehors

Le temps perdu, l’incommunicabilité de ce savoir grandissant sur ce que nous devons faire, sur ce que nous ne faisons pas, cet ennui comblé de lassitude, tout en étant une part de nous, provient des conditions avec lesquelles nous devons composer. Pour recomposer notre temps, la temporalité juste, accordée à des modes de penser et d’agir renouvelés, remettre en rythme notre énergie, en mouvement notre intuition, nous devrons laisser l’ennui nous envahir jusqu’à son renversement, pour entrer dans cette nuit sombre et lumineuse où tout peut être rejoué à l’infini : Notre passé et notre présent. Quant à notre futur, il est déjà tout autre que celui qui nous tenait à distance.

Rien n’est joué d’avance, rien n’est dit qui ne soit défini pour toujours.

Dans ce qui reste aux artistes et aux autres, tout ceux qui emploient leur créativité dès le lever du jour à tenter de s’arracher à la répétition sans conscience de ce que nous faisions la veille, il reste : l’étincelle pouvant embraser la nuit, les lendemains de la discorde, les éclats des rires et la possibilité d’un don qui ne finit pas : les mots, les gestes, les attentions, les formes et les rapports constituant l’instant à jamais renouvelé de l’interrogation et de la consécration de ce que nous avons encore à faire ensemble.