Otium ou ôde à l’inutile

Fabulation et folklore pour imaginaire jaillissant

Madely Schott

Artiste plasticienne pluridisciplinaire

Disciplines de recherche : dessin, art textile, performance

Mots-clés : Ontologie, états du vivant, rituels, folklores, geste, imaginaire, hybridation, epochè

Sous l’égide de la fabulation et du folklore, tisser des récits imaginaires qui deviennent réels et se propagent pour faire jaillir un monde vivant beau et espérant.
Otium se traduit par ce temps loisir studieux affranchi de toute tâche vitale. Cette notion incarne un temps indispensable à la construction de l’individu, de son for intérieur et de son faire société. S’y réfléchit également indéniablement le temps nécessaire à l’acte créatif.
Elle convient à la fois pour une réflexion sur la politique le monde de l’art actuel aussi attiré par cette “ivresse d’une société surmatérialiste”. Mais aussi sur ce que signifie être citoyen et agir par désintéressement pour le bien commun.

Cri d’humaoiseaux

À l’écoute du chant des oiseaux qui berce le fond sonore de Migné, j’ai interprété et retranscrit leurs chants pour venir graver comme un cri d’espoir dans une branche à l’abandon. L’installation vous invite à vous mettre en jeu et faire l’expérience d’une hybridation.
À vous de jouer.

PROTOCOLE
À lire avant de commencer votre mutation.
Phase 1 : Mise en corps oiseaux
Les yeux fermés : Prendre plusieurs respiration en fermant les yeux pour revenir à soi.
Sentir des ailes pousser lentement, une plume par ci une plume par là jusqu’à devenir l’humaoiseaux de vos rêves.
Vous avez tout votre temps. Savourez l’instant, savourez votre nouveau corps.
Phase 2 : Le chant singulier
Dans ce nouveau corps venir lire la phrase écrite sur la branche d’arbre. Une fois déchiffrée, pousser son cri singulier.
Conseils d’expérimentations : Il n’ y a pas de lecture juste. Tout dépend de l’interprétation subjective de chacun. Commencez par mettre ces nouveaux sons en bouches. Allongez les consonnes ou les voyelles comme vous le désirez. Répétez plusieurs fois l’expérience, en réalisant des variations de tonalité et de hauteur.
Ainsi vous trouverez votre le chant intérieur de l’humaoiseaux qui sommeil en vous. Par votre cri chanté vous arroserez le cosmos d’espoir pour un futur rempli d’imaginaires et de possibles.

Madely Schott expérimente la construction de ce for intérieur en abordant la création d’un corpus d’œuvres insufflant, un processus de création méditatif.
Les dessins proposent des exils, des lieux de fuites où des corps hybridés peuvent prendre place. C’est une première étape intime pour construire un univers en errance, se transporter en dehors de nos propres limites physiques. C’est aussi une recherche esthétique pour faire jaillir des abîmes, une beauté apaisante, un calme dans le néant.
Alors dans ces nouveaux espaces désertiques elle imagine des corps en mutation, où le règne du négocium de notre société s’effacent pour respirer autrement et développer une nouvelle empathie avec les différentes formes du vivant. Cet ensemble de sculpture parures et objets fétiches, installations participatives parlent du désir de ré-inventer des rituels qui prennent un caractère de résilience et de soin.

Madely Schott se vit comme une artiste missionnaire. Chaque geste artistique devient l’occasion de s’échapper de notre corps sociétale pour donner l’accès à d’autres possibles, d’autres réel. Elle développe un rapport animiste au objets et leur donne des fonctions protectrices et émancipatrices. Interrogeant de façon décalée les pratiques contemporaines de bien-être et autres injonctions à la pensée positive. En investissant le champ de l’art contemporain de façon transdisciplinaire pour y proposer des formes de résolution visuelles et performatives, Madely Schott remet en jeu les codes pour un nouveau folklore permettant autant d’échappées résiliantes à l’intérieur desquelles s’inventent de nouveaux récits.
https://madelyschott.wixsite.com/madely-schott